Le goût de la parure - Portraits du château de Versailles

October 18, 2016

Il y a peu, j'ai eu la chance de découvrir l'exposition "Le goût de la parure. Portraits du château de Versailles", présentée dans le logis du roi René au château d'Angers. Pourquoi une exposition en Anjou alors qu'il s'agit de portraits de Versailles, me direz-vous ? Et bien car depuis 2013, un partenariat signé entre le Centre des monuments nationaux et l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, permet par le biais d'expositions temporaires, de présenter dans divers monuments nationaux français les trésors des collections de Versailles. Cette exposition autour du goût de la parure est le quatrième volet de ce partenariat.


Je dois bien avouer que dès le départ, le thème de cette exposition m'a enchanté. Si vous me suivez sur Instagram & Pinterest, vous vous êtes peut-être déjà rendu compte de mon amour pour les portraits anciens et notamment pour leurs détails : les étoffes, les bijoux et parures, la délicatesse des mains, d'un sourire... Cette exposition est donc faite pour moi !

Une quarantaine de peintures et d'estampes du château de Versailles ont ainsi été sélectionnées. Ces portraits allant du XVIIe au XIXe siècle retracent l'histoire du goût de la parure et permettent de se rendre compte de l'importance de l'apparence pour les princes et courtisans. Ces représentations sont d'autant plus précieuses qu'il ne reste que très peu de parures historiques anciennes. En effet, les joyaux de la Couronne ont été dérobés en 1792, une grande partie a été revendue et dispersée.

 

L'exposition se présente donc en trois sections - trois périodes : le Grand Siècle, le siècle des Lumières et le faste du Second Empire. 

Anonyme français - Henriette-Anne d'Angleterre, duchesse d'Orléans, dite Madame, vers 1660-1670

 

LE GOÛT DE LA PARURE À LA COUR DU ROI-SOLEIL

 

Notre bon cher Louis XIV avait une passion bien connue et plutôt coûteuse : les diamants ! Une passion qui le conduit à enrichir considérablement la collection des diamants de la Couronne. Les pierres précieuses occupent une place essentielle dans la constitution des parures. Les aigrettes, épingles, boutons constituent de très beaux éléments décoratifs.

 

« Les bijoux et les pierres contribuent à la richesse et à l'harmonie de la tenue vestimentaire.

Les diamants montés en parure ornent l'habit, les boucles de chaussures, le chapeau et la poignée d'épée. » 

Claude Lefèvre - Louis XIV, roi de France, vers 1660

 

« Les bijoux vont de pair avec la position occupée à la cour ; les apparences vestimentaires construisent le rang social, confirment le niveau de fortune et révèlent le pouvoir. »

1_ Charles et Henri Beaubrun - Anne d'Autriche, reine de France, vers 1660

2_ Charles et Henri Beaubrun - Anne de Rohant-Chabot, princesse de Soubise, vers 1660-1670


« Arborer ses richesses, c'est participer au spectacle donné à Versailles et à la mise en scène de la pompe royale : l'or, l'argent et les gemmes correspondent à l'esthétique du Roi-Soleil. »

Charles et Henri Beaubrun - Catherine-Henriette d'Harcourt, duchesse d'Arpajon, vers 1660-1670

Charles et Henri Beaubrun - Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France, vers 1668

École française, début du XVIIIe siècle - Charlotte-Éléonore de La Mothe-Houdancourt, duchesse de Vantadour, vers 1717

 

 

LE GOÛT DE LA PARURE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES

 

Dans cette section, nous passons du règne de Louis XV et des figures royales portant les Joyaux de la Couronne à la représentation des princesses sous Louis XVI qui cèdent à la mode néo-grecque. 

Au XVIIIe siècle, les joailliers parisiens gagnent un grand renom suite à une réputation bien établie. Toujours dans la création afin de satisfaire une clientèle avide de nouveautés, ils inventent sans cesse de nouveaux modèles. La joaillerie française devient un modèle pour toute l'Europe. Cette section souligne les points communs d'une cour à l'autre, en particulier celles de France, d'Autriche et d'Espagne dans la création et le goût.

Augustin Oudart Justina - Louis XV, roi de France et de Navarre, vers 1717 

 

Louis XV commande plusieurs ornements orfévrés considérés comme de véritables chefs-d'oeuvre et réalisés avec les plus belles pierres du Trésor royal. Louis XVI lui, les fait démonter dans l'intention d'en faire retailler les diamants.

Alexis Simon Belle - Marie Leszczynska et le dauphin Louis, vers 1729

1_ Louis Michel Van Loo - Philippe V d'Espagne, vers1743

2_ Louis Michel Van Loo - Élisabeth Farnèse, reine d'Espagne, vers 1743

 

Sous le règne de Philippe V, l'art de cour acquit un caractère français prononcé. C'était aux joailliers parisiens que le souverain avait l'habitude de commander ses parures orfévrées.

Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Louise Marie Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, duchesse d'Orléans, vers 1789

Adélaïde Labille-Guiard - Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, vers 1788

 

 

LE GOÛT DE LA PARURE À L'ÈRE DES GRANDS BOULEVERSEMENTS

 

Le goût de la parure renaît après la Révolution, mais celle-ci ayant dispersé les collections de bijoux, il faut reconstituer ce trésor ainsi que les cassettes des femmes à la mode. Pauline Borghèse, la plus coquette des soeurs de Napoléon (et sa préférée !), symbolise au début de l'Empire ce renouveau pour la parure et les bijoux. Le second mariage de l'Empereur avec l'archiduchesse Marie-Louise donne également lieu à de nombreux achats et commandes pour étoffer le nouveau trésor des Diamants de la Couronne. Il en sera de même lors de la restauration des Bourbons avec le règne de Louis XVIII. En parallèle, la ville s'intéresse aussi à la parure, notamment avec les femmes qui tiennent salon.

Robert Lefèvre - Pauline Bonaparte-Borghèse, duchesse de Guastalla, vers 1806 

Pauline Auzou - L'impératrice Marie-Louise distribue les diamants de sa mère à ses frères et soeurs,

avant de quitter Vienne, 1812

 Joseph Boniface Franque - Marie-Louise, impératrice des Français et le roi de Rome, 1812

1_ Louis Edouard Rioult - Marie-Amélie de Bourbon, reine des Français, vers 1839 

2_ Jean-Baptiste Paulin Guérin - Marie-Caroline, duchesse de Berry, vers 1825

Antoine Jean-Baptiste Thomas - Louis XVIII reçoit le duc d'Angoulême au retour de la guerre d'Espagne, 2 décembre 1823

Louis Hersent - Sophie Gay, née Nichault de La Valette, 1824

Édouard Dubufe - Eugénie de Montijo de Guzman, impératrice des Français, 1854 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

Château d'Angers

2, promenade du Bout du Monde 49100 Angers

Renseignement : 02 41 86 48 77

 

Jours et horaires d'ouverture : Ouvert tous les jours sauf le 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre

• du 2 janvier au 30 avril : 10h - 17h30

• du 2 mai au 4 septembre : 9h30 - 18h30

• du 5 septembre au 31 décembre : 10h - 17h30

Dernier accès 45 min avant la fermeture

 

Horaires de l'exposition : 10h-12h / 14h-17h

Visites commentées les mardis à 10h15 / durée 45min

 

Tarifs : plein tarif 9€ / tarif réduit 7€ / gratuit pour les moins de 25 ans.

 

Château d'Angers

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