Chenonceau : le château des Dames

June 19, 2017

Je poursuis ma lancée des châteaux de la Loire avec un de mes châteaux favoris, le château de Chenonceau. Difficile de rester insensible face à ce joyau de la Renaissance. Tous les éléments sont présents pour tomber sous le charme des lieux : édifice à l'architecture unique enjambant le Cher, vastes jardins verdoyants... On y ressent bien cette petite touche féminine, l'emprunte laissée par les grandes dames du temps. Chenonceau a été pensé et façonné par des femmes, de Diane de Poitiers à Louise Dupin, en passant par Catherine de Médicis et Louise de Lorraine : que du beau monde ! Sujet de nombreuses convoitises, le château de Chenonceau a toujours été au cœur de l'histoire.

 

Du faste italien de Catherine de Médicis aux brillants salons littéraires de Mme Dupin, le château de Chenonceau est au cœur des évènements ! Je vous emmène à la découverte de ce petit bijou !

 CONTEXTE HISTORIQUE

 

Localisation : Chenonceaux, Indre-et-Loire (37)

Époques : XVe - XVIe siècles

Personnages emblématiques : Diane de Poitiers, Catherine de Médicis

 

 

# LE CHÂTEAU DES MARQUES

Le château de Chenonceau a évolué à de nombreuses reprises au fil des siècles. Initialement, à cet emplacement, existait un château-fort : le château des Marques, du nom des anciens propriétaires. Par une suite d'évènements, les Marques vont être contraints de vendre leur château. Thomas Bohier, receveur des finances royales, en profite pour acheter les terres en 1513. Le château des Marques est alors rasé pour laisser place à un nouvel édifice, adapté au rang social de Bohier. On ne conserva que le donjon, nommé Tour des Marques, transformé dans le goût Renaissance

 

Bohier, trop occupé par sa charge et les campagnes d'Italie, laisse à son épouse Catherine l'embellissement du château. Au début du XVIe siècle, Chenonceau est alors un modeste château de deux étages avec des tourelles en encorbellement, construit sur les piles de l'ancien moulin fortifié. Après sept ans de travaux, le château est enfin prêt ! Mais bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu. En 1535, un procès pour détournement de fonds oblige la famille à régler des dettes de 190 000 livres tournois à la Couronne de France. On ne rigole pas à la cour de François Ier, d'autant plus qu'il faut renflouer les caisses vidées par les guerres d'Italie !

 

 

# LE CHÂTEAU DE DIANE DE POITIERS

Les héritiers Bohier ruinés, doivent rembourser leurs dettes à la Couronne de France sur ordre de François Ier. Il faut avouer que le roi ne s'est jamais réellement intéressé au château de Chenonceau. Il lui arrivait de venir chasser sur ces terres, notamment en compagnie de Catherine de Médicis, sa belle-fille, épouse du futur roi Henri II. Pour elle, ce fut un coup de foudre, nous en reparlerons. 

 

À la mort de François Ier, Henri II fait cadeau de Chenonceau à Diane de Poitiers, sa maîtresse. En réalité, Diane a intimé l'ordre à son amant d'acquérir Chenonceau. Elle va donc faire annuler la vente, car elle sait qu'il s'agit d'un bien inaliénable puisqu'appartenant à la Couronne. C'est chose faite en 1547 ! Par lettres patentes, Henri II reconnaît à sa maîtresse :  

 

« en tout droit de propriété, saisine et possession, pleinement et paisiblement et à toujours perpétuellement, pour en disposer comme de leur propre chose et vrai héritage », la châtellenie de Chenonceau. 

 

Diane fait aménagé un somptueux jardin : un parterre de deux hectares agencé à l'italienne. Mais ce qui va surtout marquer le château est la construction, au-dessus du Cher, d'un pont-galerie de 60 mètres de longueur. Pour cela, elle charge l'architecte du roi en personne : Philibert Delorme. Seul le pont est réalisé... Henri II meurt brutalement, tué lors d'une joute ! 

 

 

# LA REVANCHE DE CATHERINE DE MÉDICIS

Le 10 juillet 1559,  Catherine de Médicis est veuve d'Henri II. La "reine délaissée" va prendre sa revanche! Diane de Poitiers est écartée et bannie de la cour. Toutefois, cette dernière va marchander Chenonceau contre le château de Chaumont (situé non loin) qui, sans avoir le charme du premier, rapporte des revenus supérieurs.  

 

Un des évènements majeurs dans l'histoire du château (et de France) va être la fuite de la conjuration d'Amboise, en mars 1560, à Chenonceau. Pour précision, des conspirateurs décident de soustraire le jeune roi François II et sa reine, Marie Stuart, à l'influence jugée néfaste de Catherine de Médicis. La répression est féroce ! Elle y installe donc l'autorité du roi à Chenonceau, au milieu des fêtes ! 

 

Catherine de Médicis reprend et amplifie le projet du pont sur le Cher, qu'elle entend faire surmonter de deux galeries. Elle dessine également le parc et les communs. Chenonceau est incontestablement son lieu de séjour favori. Des fêtes sans fin sont organisées à l'honneur de ses fils : tour à tour rois de France ! Avant de mourir, en janvier 1589, elle lègue le château à Louise de Lorraine.

 

 

# LOUISE DE LORRAINE : LA REINE BLANCHE

Le 1er août 1589, le Roi Henri III est assassiné par Jacques Clément, catholique fanatique. Ses dernières pensées s'adressent à sa reine, Louise de Lorraine

« Mamye, j'espère que je me porteroy très bien ;

priez Dieu pour moy et ne bougez de là. »

 

Par acte de foi, elle s'installe dans le deuil à Chenonceau et ne quittera plus le château. Surnommée la reine blanche, couleur du deuil des reines, elle vécut en réclusion à Chenonceau pendant douze ans. Un voile de tristesse et de mélancolie tomba sur les lieux. En 1598, elle offre Chenonceau en cadeau de mariage à César de Vendôme, fils légitimé d'Henri IV et Gabrielle d'Estrées. Il en sera propriétaire en 1624. 

 

 

# LE SALON LITTÉRAIRE DE LOUISE DUPIN

Dès 1733, c'est avec le brillant salon littéraire que tint Louise Dupin que revit Chenonceau. En plein siècle des Lumières où prennent place les idées nouvelles, elle s'entoure de « tous les gens de lettres, les académiciens, les belles femmes »  comme le dit Jean-Jacques Rousseau. Chenonceau suit la mode des salons littéraires parisiens. Elle y accueille Voltaire, Marivaux, Montesquieu et Buffon. De 1745 à 1751, Rousseau fut son secrétaire et le précepteur de son fils. C'est grâce à Mme Dupin que Chenonceau traversa la Révolution française sans encombre. Elle y terminera sa vie. 

 

 

# ET APRÈS ?

Au XIXe siècle, Mme Pelouze, issue de la bourgeoisie industrielle, entreprend une restauration du château comme à l'époque de Diane de Poitiers. Puis en 1913, Henri Menier fait l'acquisition du château. Depuis, Chenonceau appartient à la famille des Menier : fondatrice de la célèbre chocolaterie éponyme.

 

LE CHÂTEAU

 

# L'EXTÉRIEUR / LES JARDINS

Majestueuse entrée : À gauche, nous pouvons voir les armes de Thomas Bohier, à droite, celles de son épouse Katherine Briçonnet. Elles sont surmontées de la Salamandre de François Ier et de l'inscription, je traduis : "François, par la grâce de dieu, Roi de France et Claude, Reine de France".

# L'INTÉRIEUR

L'intérieur est aussi somptueux que l'extérieur du château ! Un grand nombre de salles, richement meublées, sont ouvertes à la visite : la chapelle, la chambre de Catherine de Médicis, petits cabinets, galerie, cuisines, salons... Il y a de quoi faire à Chenonceau ! De magnifiques fleurs et bouquets sont quotidiennement placés dans le château !

 

Prenez le temps d'admirer les nombreux tableaux de maître présents dans le château ! Mes préférés se trouvent dans le salon François Ier...

Portrait de Catherine de Médicis dans la chambre de Diane de Poitiers.

On retrouve les initiales d'Henri II et Catherine de Médicis : H et C qui, entrelacées, pouvaient former le D de Diane de Poitiers. 

Salon Louis XIV & sa sublime cheminée Renaissance : la Salamandre et l'Hermine évoquent le souvenir de François Ier et de la Reine Claude de France.

La chambre de Louise de Lorraine qui s'orne d'attributs de deuil : plumes (ou pennes symbolisant les peines), larmes d'argent, pelles de fossoyeurs, cordelières des veuves, couronnes d'épines et de la lettre grecque lambda (Λ) initiale de Louise, entrelacée à la lettre êta (H) de Henri III.  

 MA VISITE DU CHÂTEAU

 

Lors de ma première venue à Chenonceau, j'avais opté pour une visite avec audio-guide. Plutôt complet, cet outil a été d'une vraie aide. Mais il existe également des visites guidées : renseignez-vous au préalable sur les horaires de départ. Un dépliant, très complet, est également remis à l'entrée du château.

 

Chenonceau est un lieu très intéressant. Ouvrez l’œil durant votre visite et repérez les nombreux symboles et monogrammes présents : sur le manteau de cheminée de la chambre de Catherine de Médicis, dans la chambre de Louise de Lorraine, etc.

 

N'oubliez pas la visite des jardins et des communs ! Il est même possible de déjeuner sur place. Nous pouvons également faire un tour de barque et ainsi accéder au célèbre pont-galerie : magique !

 

Que pensez-vous du château de Chenonceau, l'avez-vous déjà visité ? J'attends vos retours avec grande impatience. 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

 

Château de Chenonceau

37150 Chenonceaux

Renseignement : 0 820 20 90 90

 

Jours d’ouverture & horaires : Le château est ouvert tous les jours de l’année.
• 1er janvier au 21 février : 9h30 - 17h
• 22 février au 25 mars : 9h30 - 17h30

• 26 mars au 31 mai : 9h - 19h

• 1er au 30 juin : 9h - 19h30

• 1er juillet au 31 août : 9h - 20h

• 1er septembre au 30 septembre : 9h - 19h30

• 1er octobre au 1er novembre : 9h - 18h30

• 2 novembre au 13 novembre : 9h - 18h

• 14 novembre au 31 décembre : 9h30 - 17h
Le Château reste accessible 30 minutes après la fermeture de la billetterie.


Tarifs : adulte 13€ / enfant de 7 à 18 ans 10€ et étudiant (jusqu'à 27 ans inclus) 10€

Les visites guidées et audioguides sont en sus du droit d'entrée.

 

Pratique : Parking gratuit

 

Château de Chenonceau

Touraine Loire Valley

Château de Chenonceau - TripAdvisor

Please reload

Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Twitter - White Circle
  • Instagram - White Circle
  • Pinterest - White Circle
  • YouTube

© 2015 by The Artifact. Proudly created with Wix.com

RESTONS CONNECTÉS

 

Tous droits réservés - Mentions légales

    Illustration logo - Alban Guillemois