Partons en Anjou à la découverte d’un monument emblématique : le château d’Angers. Bien plus qu’un simple édifice, il s’agit d’une forteresse royale imprenable, célèbre pour son enceinte fortifiée et ses 17 tours rondes bicolores si caractéristiques.
Associé à la puissante dynastie des comtes d’Anjou, ce monument porte en lui plus de mille ans d’histoire. Entre l’austérité de son architecture militaire et le raffinement de ses jardins, il incarne à lui seul toute la puissance des ducs qui ont régné sur ces terres.
Un emplacement stratégique : le promontoire du château d'Angers
Dès l’arrivée, ce qui frappe au château d’Angers est sa position dominante. Véritable poste de surveillance, il fut édifié au XIIIe siècle sur un plateau rocheux stratégique.
Toutefois, l’occupation du site remonte bien plus loin : c’est au XIe siècle que le premier comte d’Anjou s’installe sur ce promontoire pour surveiller la Maine, située en contrebas, et protéger la région des raids normands et bretons. À seulement 5 km de la Loire, le site était le verrou défensif de l’Anjou.
Du Palais Comtal à l'Empire des Plantagenêt
Sous la dynastie des Plantagenêt, le château d’Angers se métamorphose en un véritable palais. Cette lignée a marqué l’histoire européenne, particulièrement lorsque Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et roi d’Angleterre, épousa Aliénor d’Aquitaine.
Ensemble, ils régnèrent sur un territoire immense allant de l’Écosse aux Pyrénées. À cette époque, Angers était l’une des capitales de cet empire éphémère. Le logis était alors une aula (un palais résidentiel) plutôt qu’un castrum (fortification), car la puissance des Plantagenêt rendait les sièges improbables.
La construction de la forteresse royale du château d'Angers
C’est au XIIIe siècle que le château d’Angers prend son aspect de forteresse redoutable sous l’impulsion de Blanche de Castille. Face aux menaces anglaises et bretonnes, la mère de Saint Louis décide de fortifier Angers pour maintenir l’Anjou sous l’autorité de la couronne de France.
L’enceinte de Blanche de Castille : Une immense muraille de 3 800 mètres flanquée d’une trentaine de tours.
Le renforcement de Louis IX : Son fils, le futur Saint Louis, ajoute l’enceinte polygonale de 660 mètres et les 17 tours rondes massives en schiste et tuffeau que nous admirons encore aujourd’hui sur les remparts du château d’Angers.
Le château du Bon Roi René
Au XVe siècle, le Roi René d’Anjou, l’un des princes les plus cultivés de son temps, transforme radicalement la forteresse en une demeure de plaisance fastueuse.
Il y instaure une cour brillante au sein du château d’Angers et réalise des aménagements majeurs :
Le Châtelet et la Grande Galerie : Des ajouts architecturaux élégants à l’intérieur de la cour.
Les jardins et ménageries : Le Roi René fait aménager des jardins fleuris et même des ménageries (animaux exotiques) dans les fossés du château.
À sa mort en 1480, Louis XI annexe le duché d’Anjou au royaume de France, mettant fin à l’indépendance de l’une des plus brillantes dynasties d’Europe.
L'évolution du château d'Angers : prison d'État et démantèlement
L’histoire du château d’Angers après les ducs est mouvementée. À la fin du XVIe siècle, Henri III ordonne son démantèlement par peur des guerres de religion. Heureusement, le gouverneur Donadieu de Puycharic se contente d’araser les toits des tours, adaptant ainsi la forteresse à l’artillerie moderne.
Plus tard, sous Louis XIV, le château change de fonction pour devenir une prison d’État, rôle qu’il conservera à plusieurs reprises au cours des siècles.
Le parcours de visite du château d'Angers
La découverte du site se déroule en plusieurs étapes :
1. Le chemin de ronde et les jardins suspendus du château
J’ai débuté par les extérieurs pour parcourir le chemin de ronde. Il permet de faire quasiment tout le tour de l’enceinte. On y découvre la Tour du Moulin et des jardins suspendus magnifiques regroupant vignes, plantes médicinales et aromatiques.
Le conseil « Ô Mon Château » : Prenez le temps de contempler la vue sur le vieil Angers et la cathédrale depuis le jardin suspendu, c’est l’un des plus beaux points de vue du site !
2. La Chapelle et le Logis Royal : l’intimité des ducs
La visite se poursuit dans la cour intérieure. On y découvre la chapelle (construite vers 1410 par Yolande d’Aragon) avec son oratoire privé, ainsi que le Logis Royal bâti par le Roi René, témoignage du confort princier de l’époque.
3. La Tenture de l’Apocalypse au château d’Angers
La visite se termine en apothéose dans la galerie conçue pour la Tenture de l’Apocalypse. Commandé en 1375 par Louis Ier d’Anjou, ce chef-d’œuvre de 100 mètres de long est le plus ancien ensemble de tapisseries de cette dimension au monde. Prévoyez du temps, car l’immersion dans cette salle sombre est magnétique.
Bon plan : le Citypass d’Angers
Si vous restez plusieurs jours, l’office de tourisme propose des Citypass de 24h, 48h ou 72h. Ils offrent l’accès gratuit à plus de 20 sites, dont le château d’Angers, le musée des Beaux-arts ou la galerie David d’Angers.
Préparer sa visite : informations pratiques
🗓 Saison 2026
- Du 2 mai au 4 septembre de 10h à 18h30
- Du 5 septembre au 30 avril de 10h à 17h30
🎟 Tarifs
- Du 2 mai au 4 septembre : 14€
- Du 5 septembre au 30 avril : 11€
- Gratuit moins de 18 ans, 18-25 ans (ressortissants des pays de l’Union Européenne), personne en situation de handicap, etc.
Le billet d’entrée donne accès à l’ensemble du parcours de visite, dont la galerie de l’Apocalypse.
📍 Contact
- Téléphone : 02 41 86 48 77
- Mail : angers@monuments-nationaux.fr
- Site internet du château d’Angers
« Vous allez aimer les vieilles pierres ! »
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