L’exposition « Le goût de la parure. Portraits du château de Versailles » au château d’Angers

Il y a peu, j’ai eu la chance de découvrir l’exposition « Le goût de la parure. Portraits du château de Versailles », présentée dans le logis du roi René au château d’Angers. Pourquoi une exposition en Anjou alors qu’il s‘agit de portraits de Versailles ?

Depuis 2013, un partenariat entre le Centre des monuments nationaux et le Domaine de Versailles permet de présenter les trésors des collections versaillaises dans divers monuments nationaux. Cette exposition autour du goût de la parure est le quatrième volet de ce partenariat exceptionnel.

Le thème m’a enchanté : une quarantaine de peintures et d’estampes retracent l’histoire de l’apparence, du XVIIe au XIXe siècle. Ces représentations sont d’autant plus précieuses qu’il reste très peu de parures historiques anciennes, les joyaux de la Couronne ayant été dérobés en 1792, puis largement dispersés.

L’exposition se divise en trois périodes clés :

  • Le Grand Siècle
  • Le siècle des Lumières
  • Le faste du Second Empire.

Le goût de la parure à la cour du Roi-Soleil

Louis XIV avait une passion bien connue et coûteuse : les diamants. Sous son règne, la collection des diamants de la Couronne s’est considérablement enrichie. Les pierres précieuses occupent alors une place centrale : aigrettes, épingles et boutons deviennent des éléments décoratifs essentiels.

À Versailles, les bijoux ne sont pas de simples accessoires ; ils participent à l’harmonie de la tenue vestimentaire. Les diamants ornent tout : l’habit, les boucles de chaussures, le chapeau et même la poignée d’épée. Arborer ses richesses, c’est participer à la mise en scène de la pompe royale. Les gemmes révèlent le pouvoir et confirment le rang social de ceux qui ont le privilège de paraître devant le Roi-Soleil.

Claude Lefèvre - Louis XIV, roi de France, vers 1660
Charles et Henri Beaubrun - Anne d'Autriche, reine de France, vers 1660
Charles et Henri Beaubrun - Anne de Rohant-Chabot, princesse de Soubise, vers 1660-1670
Charles et Henri Beaubrun - Catherine-Henriette d'Harcourt, duchesse d'Arpajon, vers 1660-1670
École française, début du XVIIIe siècle - Charlotte-Éléonore de La Mothe-Houdancourt, duchesse de Vantadour, vers 1717

La joaillerie française au siècle des Lumières

Dans cette section de l’exposition, nous passons du règne de Louis XV aux princesses de Louis XVI, qui cèdent peu à peu à la mode néo-grecque. Au XVIIIe siècle, le renom des joailliers parisiens est immense. Leur créativité constante fait de la joaillerie française un modèle pour toute l’Europe, notamment pour les cours d’Espagne et d’Autriche.

  • Louis XV commande des ornements orfévrés considérés comme des chefs-d’œuvre, utilisant les plus belles pierres du Trésor royal.

  • Dans une optique différente, Louis XVI fait démonter certains bijoux pour en retailler les diamants.

  • Sous Philippe V, l’art de cour acquiert un caractère français marqué, le souverain commandant ses parures directement aux joailliers parisiens.

Augustin Oudart Justina - Louis XV, roi de France et de Navarre, vers 1717
Louis Michel Van Loo - Philippe V d'Espagne, vers 1743
Louis Michel Van Loo - Élisabeth Farnèse, reine d'Espagne, vers 1743
Alexis Simon Belle - Marie Leszczynska et le dauphin Louis, vers 1729
Adélaïde Labille-Guiard - Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, vers 1788
Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Louise Marie Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, duchesse d'Orléans, vers 1789

La parure à l'ère des grands bouleversements

Après la tourmente révolutionnaire qui a dispersé les collections, le goût de la parure renaît sous l’Empire. Il faut alors reconstituer le trésor national et les cassettes privées.

Pauline Borghèse, la sœur préférée de Napoléon, symbolise parfaitement ce renouveau par sa coquetterie légendaire. Le second mariage de l’Empereur avec l’archiduchesse Marie-Louise donne également lieu à d’importantes commandes pour étoffer le trésor des Diamants de la Couronne. Ce mouvement se poursuivra sous la Restauration avec Louis XVIII.

En parallèle de la Cour, la ville s’empare aussi de ces codes, notamment à travers les femmes influentes qui tiennent salon et participent à l’évolution du goût.

Robert Lefèvre - Pauline Bonaparte-Borghèse, duchesse de Guastalla, vers 1806
Joseph Boniface Franque - Marie-Louise, impératrice des Français et le roi de Rome, 1812
Jean-Baptiste Paulin Guérin - Marie-Caroline, duchesse de Berry, vers 1825
Joseph Boniface Franque - Marie-Louise, impératrice des Français et le roi de Rome, 1812
Antoine Jean-Baptiste Thomas - Louis XVIII reçoit le duc d'Angoulême au retour de la guerre d'Espagne, 2 décembre 1823
Louis Hersent - Sophie Gay, née Nichault de La Valette, 1824
Édouard Dubufe - Eugénie de Montijo de Guzman, impératrice des Français, 1854

Cette exposition est une occasion unique d’admirer des détails de costumes et de bijoux que l’on ne prend pas toujours le temps d’observer à Versailles. Prenez le temps de regarder les rendus des matières dans les peintures : la brillance des pierres et le soyeux des tissus sont impressionnants !

Si vous visitez le château d’Angers pour cette exposition, n’oubliez pas de monter sur les remparts pour admirer la vue sur la Maine, un contraste saisissant avec le faste des portraits royaux.

Préparer sa visite : informations pratiques

Élodie Filleul

Amoureuse des lieux chargés d’histoire, je partage depuis 2015 mes visites de châteaux, ainsi que des idées de séjours et des expériences autour de l'art de vivre. Mon objectif ? Vous faire aimer les vieilles pierres !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Appuyer sur la touche Echap pour fermer

error: Content is protected !!