Perché à près de quarante mètres au-dessus de la Loire, le Domaine de Chaumont-sur-Loire occupe une position stratégique depuis le Moyen Âge. Ancienne forteresse devenue demeure d’agrément à la Renaissance, puis lieu de villégiature prisé au XIXe siècle, Chaumont conserve les traces de ces différentes périodes.
Le domaine s’étend aujourd’hui sur une trentaine d’hectares et réunit un château, un parc paysager, des écuries remarquables ainsi qu’un centre d’art et de nature reconnu à l’échelle internationale, notamment à travers le Festival International des Jardins.
Un lieu aux multiples facettes à ne pas manquer !
Le Mont Chauve : aux origines de Chaumont-sur-Loire
Les origines de Chaumont remontent au Xe siècle. Eudes Ier, comte de Blois, choisit cet éperon dominant la Loire pour y édifier une forteresse. Afin de défricher le coteau, il y met le feu : le site prend alors le nom de Calvus Mons, le « mont chauve », qui donnera Chaumont.
Au XIIIe siècle, le château adopte une forme féodale classique, de plan carré. Mais au XVe siècle, à la suite d’une rébellion, Louis XI ordonne la destruction de l’édifice. Sa reconstruction est confiée à Charles Ier d’Amboise à partir de 1468 et s’étale jusqu’en 1510, sur trois générations.
Si la fonction défensive demeure, l’architecture s’enrichit alors de détails plus élégants : balcon ajouré gothique, coursières Renaissance, puits monumental… annonçant déjà une évolution vers un château de plaisance.
Chaumont face à Chenonceau
En 1550, Chaumont entre dans l’histoire royale avec l’arrivée de Catherine de Médicis. Elle y séjourne peu, préférant le château de Chenonceau, alors occupé par sa grande rivale, Diane de Poitiers. La légende raconte que Catherine aurait fait appel à l’astrologue Cosimo Ruggieri, réputé pour ses dons divinatoires. Dans la tour dite de l’Astrologue, il lui aurait prédit le destin de ses trois fils : « autant de tours, autant d’années de règne ».
À la mort du roi Henri II en 1559, Catherine impose à Diane de Poitiers l’échange de Chenonceau contre Chaumont. Diane n’y réside que ponctuellement, mais poursuit néanmoins les travaux et donne au château l’essentiel de sa physionomie actuelle.
Du siècle des Lumières à la Belle Époque
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Chaumont change de propriétaires. Banquiers et parlementaires enrichis s’y succèdent. Deux figures marquent particulièrement cette période : Jacques-Donatien Le Ray, proche de Louis XVI, et Madame de Staël, intellectuelle majeure du siècle des Lumières, assignée à résidence à Chaumont.
Au XIXe siècle, le prince et la princesse de Broglie engagent une profonde transformation du domaine. Le château est restauré, chauffé, éclairé, remeublé. La vie mondaine s’y déploie dans un cadre fastueux, attirant de nombreuses personnalités de l’époque.
Mais en 1938, des revers financiers contraignent la princesse de Broglie à vendre le domaine à l’État. Aujourd’hui, Chaumont-sur-Loire appartient à la Région Centre-Val de Loire.
Le château de Chaumont-sur-Loire
Le château de Chaumont-sur-Loire illustre parfaitement la transition entre le gothique tardif et la Renaissance. La visite débute par les appartements historiques.
On découvre :
- La chambre dite de Ruggieri doit son nom aux symboles figurant sur le manteau de la cheminée : la lettre grecque delta, associée à Diane, et trois cercles évoquant les astres.
- Elle jouxte la chambre de Catherine de Médicis, ancienne chambre d’apparat, depuis laquelle on accède au balcon de la chapelle.
- La salle du Conseil retient particulièrement l’attention avec son exceptionnel carrelage de majolique du XVIIe siècle, acquis par la famille de Broglie. Elle abrite également la tenture des Planètes et des Jours, tissée vers 1570, composée de huit tapisseries à thème astrologique.
- La visite se poursuit par la salle des gardes, située dans le châtelet d’entrée, en position stratégique au-dessus du porche.
Les appartements privés, réaménagés au XIXe siècle, témoignent du goût historiciste de la famille de Broglie.
- La salle à manger se distingue par une remarquable cheminée sculptée par Antoine Margotin, reprenant les motifs emblématiques du château.
- La bibliothèque, récemment reconstituée.
- Le grand salon de la princesse de Broglie, inspiré du château royal de Blois, complètent ce parcours. Le porc-épic, emblème de Louis XII, y apparaît notamment sur le manteau de la cheminée.
Le château accueille par ailleurs des expositions d’art tout au long de l’année, intégrées au parcours de visite.
Le domaine : son parc et ses écuries
Au XIXe siècle, l’architecte paysagiste Henri Duchêne transforme profondément les abords du château en créant un vaste parc à l’anglaise, véritable écrin végétal. Aujourd’hui, ce parc accueille également des œuvres contemporaines pérennes, installées en plein air.
Chaque année, d’avril à novembre, le Festival International des Jardins constitue l’un des temps forts du domaine. Depuis 1992, il explore les enjeux contemporains du jardin et du paysage à travers des créations audacieuses et expérimentales.
Les écuries, édifiées en 1877 par Paul-Ernest Sanson, comptaient parmi les plus modernes et luxueuses d’Europe à la fin du XIXe siècle. La sellerie conserve de somptueux harnais, notamment réalisés par la maison Hermès, et constitue une visite à part entière.
Préparer sa visite : informations pratiques
🗓 Saison 2026
Le domaine est ouvert toute l’année. Les horaires varient selon les périodes (à consulter en ligne).
🎟 Tarifs
Les tarifs varient selon la basse et la haute saison.
- Plein tarif : 16€ / 21€
- Tarif réduit : 9€ / 13€
- Enfant (6-11 ans) : 4€ / 6€
- Tarif famille : 32€ / 42€
📍 Contact
- Téléphone : 02 54 20 99 22
- Mail : contact@domaine-chaumont.fr
- Site : www.domaine-chaumont.fr
« Vous allez aimer les vieilles pierres ! »
Comments (1)
Vivette Besorasays:
30 décembre 2021 at 16 h 21 minMon château préféré…… j’ai la chance de connaître pratiquement tous les Châteaux de la Loire, mais lui tout en étant assez grand fait petit surtout quand on arrive par l’allée « normale », et qu’on le voit au milieu des pelouses, un château de conte de fées!!!!.
J’aime aussi beaucoup le Festival des jardins surtout aussi quand on passe par « l’arbre en béton ».